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Lundi 8 juin 2009

Le sursaut, vite !

 

Nous venons de vivre une soirée électorale bien triste. Au-delà des fanfaronnades de la droite sarkozyste et l’euphorie d’un Daniel Cohn-Bendit nouvelle coqueluche des médias bien-pensants, la première à retenir est que les européens se sont réfugiés dans l’abstention.

 

En France 6 Français sur dix ne se sont pas déplacés aux urnes. C’est la première défaite de tout le camp européen progressiste.

 

Ensuite, c’est une victoire du camp conservateur, libéral et l’extrême droite en Europe. Alors que la crise économique et sociale, la crise du capitalisme financier montre l’ampleur de l’impasse néolibérale, ce sont encore les conservateurs qui sont majoritaires en Europe et la social-démocratie est battue partout à l’exception de la Grèce.

 

Pourtant la situation devrait mettre en tête le camp progressiste. Alors où se trouve le problème ? D’aucun de dire que c’est problème de crédibilité ou division, et les médias au service du pouvoir sarkozystes de partager cette explication en propagandistes zélés. Des divisions il y en a, à l’intérieur de la gauche et au sein du principal parti de gauche. Mais le problème qui nous est posé est celle de la ligne politique. La social-démocratie européenne paye aussi ce soir son dévoiement libéral depuis des décennies et sa participation à la dépolitisation de l’espace public européen.

 

La gauche continue également de payer l’absence de son adaptation à l’évolution du monde. Je ne veux évidemment pas dire par la reconversion libérale de la gauche dont toutes les stratégies européennes ont lourdement échoué. Mais plutôt une gauche qui redevienne non seulement le réceptacle de la contestation de l’ordre néolibérale mais aussi le creuset de nouvelles espérances. Pour cela il faudra également reparler à toute la gauche et sans exclusive. Front commun, programme commun, pour une ambition commune, voilà ce qui doit nous guider! EN un mot, le sursaut !

 

 

Par Syamak AGHA BABAEI - Publié dans : Europe
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Lundi 18 mai 2009

Réforme Bachelot, volet hôpital : la casse organisée de l’hôpital public


La Réforme Bachelot vient après tant depuis la prise de pouvoir de la droite en France. Les différentes réformes, celle de Juppé en 1997, celle de Douste-Blazy en 2002, celle de Fillon en 2004 ont à chaque fois eu pour but de remettre en question l’existence même d’un service public hospitalier, basé sur un financement solidaire.


La sécurité sociale et la responsabilisation des patients


Les attaques se ont portés d’abord sur la sécurité sociale en remettant en cause ce fruit né d’une entente nationale au sortir de la deuxième guerre mondiale et issu du programme du conseil national de Résistance. Ainsi le taux de remboursement à 100% de départ s’est vu rapidement amoindri avec le renversement du rapport de force politique et social en faveur des forces de droite, des libéraux et du patronat. Il s’y associe une notion de responsabilité individuelle.


Ainsi le fait de payer pour les soins rend l’usager du système de soin responsable ou co-responsable. Ce mode de pensée participe d’un principe que la droite va rendre idéologiquement et culturellement majoritaire : c’est l’individualisation des rapports sociaux et la disqualification des valeurs collectives.


Selon la droite et les économistes libéraux, la responsabilité viendrait avec l’acte de paiement. Mais s’est-on un instant interrogé sur la responsabilité de l’individu qui est aussi un travailleur salarié, qui verse des cotisations salariales dans un rapport de force social avec le patronat et dont le bénéfice et le droit à une sécurité sociale et à un système de soin de qualité est une part socialisée de salaire. En réduisant le taux de remboursement c’est le salaire qu’on diminue.


Les dernières déremboursement, l’instauration des franchises, la création d’un panier de service remboursés minimal (sur le modèle du HMO américain) participent d’un même principe, remettre en cause le principe solidaire d’un système basé sur des cotisations salariales et patronales ou chacun n’est pas considéré comme un individu atomisé comme un être social en interaction avec d’autres, avec des droits.


L’idée qui devient de plus en plus explicite avec la victoire culturelle de la droite et des libéraux, c’est de créer un panier de soins très minimalistes et de soumettre le reste des soins au marché concurrentiel de la santé qu’attendent avec appétit les grands groupes d’assurance privés.


La bataille pour l’universalité des droits


La gauche a essayé de battre en brèche cette idée en créant la couverture maladie universelle, mais d’une part, la réforme n’a pas été ambitieuse mettant en dehors du système de couverture universelle des millions de salariés précaires à cause des effets de seuil et de planchers. D’autre part le message envoyé a été dénaturé par la droite en assimilant cette réforme a de l’assistanat, et renvoyant la gauche qui se voulait moderne (c'est-à-dire moderne dans l’acception libérale) à ses études. Au-delà de la question de la CMU, cette réforme montrait une gauche qui s’intéressait à deux parties de la population, les exclus et les classes moyennes en lorgnant sur les classes aisées et supérieures. Enfin, le contexte politique n’était pas favorable à la gauche et aux mesures sociales de manière générale, la victoire idéologique et culturelle de la droite commençant à se cimenter à ce moment précis.


Cependant le débat sur la CMU portait en lui un débat essentiel celui des droits universels. Considère-t-on que l’accès à la santé soit un droit universel ? Dans ce cas cet accès ne peut être soumis à des considérations marchandes. Il est communément rétorqué que tout a un coût et tel est le cas de la santé. C’est vrai, mais c’est aussi un choix de société que de donner la possibilité à chacun d’accéder à des soins de qualité. Or ce choix a un coût qui n’est peut être pas aussi exorbitant que de se laisser installer un système à plusieurs vitesses en ramenant l’accès aux soins dans le champ croissant des inégalités.


L’hôpital public en crise : les libéraux et le privé en profitent


Mais il serait incomplet de parler du système de financement de la sécurité sociale sans parler du financement du secteur privé d’hospitalisation et de la médecine de ville.


Ce système de santé solidaire finance d’une un secteur d’hospitalisation privé et public mais aussi une médecine de ville exclusivement privée. Il est force de constater qu’à mesure où la responsabilité des patients amène des déremboursements, les honoraires des médecins libéraux augmentent et suivent les dépassements d’honoraires et les refus des patients CMU.


Ne s’est-on jamais posé la question du paiement à l’acte des médecins libéraux qui équivaut au fait qu’ils sont des salariés indirects de la sécurité sociale. Ce paiement à l’acte a d’autres conséquences, introduire une dimension marchande dans la relation médecin malade, mais aussi de favoriser le consumérisme médical, je paye donc j’ai droit…C’est vrai que la question est hautement sensible et rare sont les politiques qui osent remettre e cause ce sacro-saint dogme du paiement à l’acte. Il serait pourtant facile d’imaginer un système de salariat partiel avec un paiement forfaitaire des médecins libéraux basés sur les salaires des praticiens hospitaliers avec une bonification pour une formation médicale de qualité et le suivi des recommandations et consensus médicaux du moment.


Entre gouvernance et financement : angles d’attaques des libéraux


Le financement du secteur hospitalier est au cœur du débat actuel. La controverse vient de la convergence des méthodes de financement et de gouvernance du secteur privé dans le public. Derrière ce débat, il y a le marché très juteux de l’hospitalisation privée que se partagent trois grands groupes dont des fonds de pension américain. De prime abord il est facile de penser que les contingences d’un système marchand ne sont pas compatibles avec la mission de service public que doit offrir un hôpital public.


L’hôpital public assure une mission de soin, de formation des personnels soignants et médicaux mais aussi de recherche scientifique. Toute mission que ne sait pas faire le privé et que ne veut pas faire privé dans les mêmes dimensions, pour la simple raison que ce ne sont pas des activités rentables. Par ailleurs la mission de soin du secteur public c’est d’accueillir tous sans regard sur sa faculté de paiement, ses origines, son titre de séjour, son statut social ou bien d’autres critères que n’hésitent pas à regarder les cliniques privées.


Ne remplissant pas les mêmes missions, il est inadéquat de vouloir un financement convergeant entre deux système dont l’un est basé sur une mission de soins, de formation et de recherche dans l’intérêt général et que l’autre est une entreprise privée dispensant des soins. Aller vers cette convergence c’est favoriser inéluctablement le secteur privé qui avec les contraintes moindres et une rentabilité élevée s’en sortira avec des profits toujours plus élevés. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec la tarification à l’activité mise en œuvre par la Réforme de Douste Blazy. Aujourd’hui la majorité des CHU ont des budgets en déficit et commencent à licencier du personnel.


Enfin il s’agit d’importer les méthodes de gouvernance du privés avec la disparition des CME et donnant les pleins pouvoirs aux directeurs d’hôpitaux sous la tutelle de super patrons de la santé avec les directeurs des Agences régionales de santé.


Mme Bachelot parlait d’une changement culturel au sein du système de santé elle avait raison. C’est une véritable remise en cause d’un système de santé solidaire au service de public, que la droite veut ouvrir au secteur marchand, c’est une démarche idéologique de la droite pour qui l’accès à la santé n’est plus un droit universel, mais un avantage qui se paye !

Par Syamak AGHA BABAEI - Publié dans : Politique
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Vendredi 15 mai 2009
Par Syamak AGHA BABAEI - Publié dans : syamak
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Vendredi 6 février 2009

Communiqué de presse

 

L'autisme du gouvernement gâche l'inauguration de l'université de Strasbourg

 

L'université de Strasbourg a été inaugurée aujourd'hui par le ministre de l'éducation, Valérie Pécresse.

 

Plus de 2000 étudiants chercheurs et enseignants ont manifesté leur mécontentement face à la réforme de l'enseignement supérieur décidé par le gouvernement en absence de toute concertation avec les acteurs de terrain.

 

Le cortège policier qui accompagnait le ministre était en complète décalage avec les aspirations et les demandes de concertation et de réflexion de la communauté universitaire.

 

Nous condamnons vigoureusement l'utilisation de la force pour déloger la manifestation pacifique des marches du palais universitaire, et l'utilisation de gaz lacrymogène à l'encontre des étudiants.

 

Nous affirmons notre soutien aux étudiants aux chercheurs et aux enseignants mobilisés pour la sauvegarde d'un système universitaire basé sur l'égal accès de tous.

 

Nous invitons les pouvoirs publics, à prendre en compte ces aspirations et à les entendre. A maltraiter la jeunesse et le monde de l'éducation, c'est l'avenir de toute une génération qu'on hypothèque.

 

 

 

Syamak AGHA BABAEI                                                     

Conseiller municipal de Strasbourg                                  

                                                                         
Paul Meyer 
Conseiller municipal délégué à la jeunesse et à la vie étudiante                     

Par Syamak AGHA BABAEI - Publié dans : Politique
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Vendredi 9 janvier 2009

La Santé : un service public en danger

 

Médecins, infirmier(e)s, aide-soignant(e)s, mobilisés de longue date pour améliorer la qualité de la prise en charge des patients aux urgences, nous tenons aujourd’hui alerter nos concitoyens et  les pouvoirs publics sur la situation des services d’urgences des hôpitaux universitaires de Strasbourg.

 

En effet depuis plusieurs mois la situation se dégrade. Au manque chronique et conjoncturel du personnel soignant et médical, s’ajoutent une pénurie des lits d’hospitalisation de court séjour, l’absence d’une véritable permanence de soin de la médecine de ville alors que le nombre de passage aux urgences ne cesse de croître.

 

Comment tolérer qu’une patiente de 90 ans passe plus de 24h sur un brancard inconfortable aux urgences, en attente d’un lit ? Comment accepter, au-delà du temps d’attente, qu’il existe un délai de 3 à 4 heures pour voir un médecin puis parfois autant que pour les soignants exécutent les soins prescrits ?

 

Nous manquons de médecins, d’infirmiers, d’aide-soignants, de brancardiers ; tout cela est bien connu depuis des mois de la direction des HUS, mais à nos demandes, on oppose souvent comme réponse la pénurie budgétaire.

 

Une vision purement comptable de la santé a conduit les gouvernements successifs à réduire l’offre d’hospitalisation de court séjour, en disant que la santé a un coût. En attendant ceux qui le payent et parfois au prix de leur vie, ce sont les patients.

 

Une politique  clientéliste a accepté de dispenser la médecine de ville de sa mission de permanence des soins, contribuant à l’engorgement des services d’urgences.

 

Enfin, la mise en concurrence des hôpitaux publics et des cliniques privées organise le déficit budgétaire. Tandis que le public s’occupe et à juste titre de tous, le secteur privé (sans mettre tout le monde dans le même panier), n’accepte que les patients dits « rentables »…pendant ce temps les pouvoirs publics rémunèrent de la même manière le pôle public et le pôle privé. A ce jeu, il ne sera jamais rentable de soigner, une grand-mère de 85 ans qui ne peut plus rester à la maison, pas plus que le SDF ou le demandeur d’asile…

 

C’est bien une question de société, un choix qui nous est posé : Veut-on préserver un service public de santé de qualité accessible et ouvert à toutes et tous ? Qui peut accepter de voir un proche mourir aux urgences, faute de moyens ?

 

Les personnels médicaux et soignants des urgences ne veulent plus se taire devant cette situation. Nous aimons notre métier, l’accueil de tous, les soins pour tous,quelque soit leur origine, qu’ils soient pauvres, riches, chômeur, cadre sup, nous voulons donner le meilleur.

 

Lorsque toutes les lumières s’éteignent dans notre ville, il reste un endroit où des dizaines de personnes s’activent pour soigner de la manière la plus professionnelle et la plus humaine nos malades. Et cet endroit c’est les urgences...

 

Médecins et soignants des urgences des HUS

Par Syamak AGHA BABAEI
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